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Pénurie de personnel dans les résidences de soins de longue durée du Québec

Les établissements de soins de longue durée du Québec doivent accueillir de plus en plus de résidents, mais ne peuvent offrir autant de soins qu’auparavant en raison des pénuries de personnel causées en partie par le recrutement difficile.

Les résidents âgés de 90 ans et plus représentent le segment de population de résidents des Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) qui connaît la croissance la plus rapide; ils constituaient 23,9 % de l’ensemble des résidents en CHSLD en 2016-2017, comparativement à 19,4 % en 2009-2010. Ces statistiques sont tirées d’un rapport de l’ancien commissaire à la santé et au bien-être, dont le poste a été aboli il y a environ un an.

En novembre 2016, le gouvernement annonçait la création de 1 300 nouveaux postes en soins de longue durée, principalement à titre de préposés aux bénéficiaires, mais également à titre d’infirmières. À ce jour, environ 1 005 personnes ont été embauchées.

Par ailleurs, le processus de recrutement n’en est qu’à ses débuts pour l’embauche des 600 nouveaux préposés aux bénéficiaires promis en septembre 2017 en vue d’offrir aux résidents un deuxième bain par semaine. Des organisations provinciales réclament ce deuxième bain depuis plusieurs années déjà. Le gouvernement fournira une formation de six mois pour pourvoir ces postes. Toutefois, certains établissements ne peuvent pas recevoir de nouveaux préposés aux bénéficiaires pour donner le deuxième bain par semaine tant qu’ils n’auront pas adapté leurs locaux ou obtenu de l’équipement supplémentaire.

Le personnel surchargé de travail des CHSLD attend avec impatience l’arrivée de renforts, mais il n’est pas aisé de pourvoir ces postes dont les conditions de travail sont très difficiles. Les salaires ne sont pas toujours intéressants pour un travail aussi exigeant physiquement, et les heures de travail sont parfois longues et atypiques. Le gouvernement attribue également le faible taux de réponse à l’annonce d’embauche au taux de chômage peu élevé de la province.

Le nombre croissant de résidents âgés en perte d’autonomie, qui demandent des soins personnels au moins trois heures par jour, exacerbe la pénurie de préposés aux bénéficiaires. Il en résulte une hausse du ratio entre patients et préposés aux bénéficiaires, qui est passé de huit à douze patients par préposé environ en quelques années.

On a besoin de plus en plus de places en établissement de soins de longue durée pour les aînés plus âgés et plus frêles qui ne peuvent plus recevoir de soins à domicile. Il est tout aussi essentiel que ces établissements disposent de suffisamment de fournisseurs de soins formés pour répondre aux besoins de plus en plus complexes de ce segment en matière de soins.

L’Association médicale canadienne demande au gouvernement fédéral d’affecter plus de fonds à de nouvelles infrastructures en soins de longue durée et à l’amélioration des établissements existants. Ces investissements contribueront à réduire les hospitalisations d’urgence inutiles et permettront aux patients d’obtenir plus rapidement leur congé d’hôpital. Le fait de libérer des lits d’hôpitaux contribuera ainsi à réduire les temps d’attente aux services de chirurgie et d’urgence.

Avec un investissement suffisant, nous pourrons loger les représentants de plus en plus nombreux de ce segment de population négligé dans des établissements adéquats disposant d’un effectif formé assez important pour répondre à leurs besoins complexes.

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