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Ressources pour la prévention des chutes

Prévention des chutes : la sensibilisation et la réduction des risques sont essentielles

Cet article est une contribution du Dr Eoghan O’Shea, médecin de famille au Campus Civic de l’Hôpital d’Ottawa. Il se passionne pour la question de la prévention des chutes et travaille avec les médecins résidents en médecine familiale. Tout au long du mois, le Dr O’Shea contribuera au contenu du site Exigeons un plan, à l’occasion du Mois de la prévention des chutes.

Si bien des gens n’ont rien à craindre de petites chutes, pour les aînés, elles peuvent avoir des conséquences graves. Chaque année, un tiers des Canadiens de plus de 65 ans font une chute qui entraîne parfois des fractures à la hanche, au bassin, à la colonne vertébrale et à d’autres os fragiles. La plupart des aînés qui subissent une fracture en faisant une chute sont tombés dans leur propre maison, en glissant ou en trébuchant dans l’escalier ou sur une surface plane commele plancher de la cuisine ou de la salle de bain. Même s’il n’y a pas de blessure physique, beaucoup d’aînés perdent confiance après une chute. Le syndrome post-chute peut inclure la dépendance à l’égard des autres pour les activités quotidiennes, la perte d’autonomie, la confusion, l’immobilisation et la dépression.

S’unir aux fournisseurs de soins aux aînés pour s’attaquer au problème des chutes

Nous devons améliorer notre évaluation du risque de chute des aînés. Si rester chez soi est de la plus haute importance pour un aîné, il nous faut adopter une approche axée sur l’évitement des risques, en misant sur les capacités de la personne plutôt qu’en mettant l’accent sur ses faiblesses.

Une « liste de vérification pour conserverson indépendance »(en anglais) comme celle-ci, qui est publiée sur papier ou en format électronique par SeniorsBC, est un questionnaire simple qu’une personne ou son fournisseur de soins peut remplir. Il comporte 12 questions sur les chutes antérieures, les aides à la mobilité, les problèmes d’équilibre autodéclarés, la faiblesse musculaire, les problèmes urinaires, les effets secondaires des médicaments,les symptômes d’anxiété, l’humeur et les symptômes de dépression. Une note de quatre ou plus signifie qu’une personne risque de faire une chute.

La liste de contrôle doit servir d’outil d’évaluation. Il faut l’examiner avec le médecin de famille d’un aîné et d’autres membres de l’équipe soignante afin de déterminer les mesures à prendre pour réduire le risque de chute. Cet examen peut se faire sous la supervision d’un gériatre dans un hôpital de jour, dans une clinique amie des aînés ou dans d’autres contextes communautaires. L’efficacité de cet outil dépend de la disponibilité des ressources, de la présence de chefs de file et de champions individuels en matière de soins aux aînés dans la communauté et du degré de troubles cognitifs du patient.

Si une personne obtient un score faible, qui la classe tout de même « indépendante », il faut prendre des mesures préventives, par exemple : deux heures et demie d’exercice par semaine, des exercices appropriés de renforcement des muscles et des os pour améliorer l’équilibre, l’examen annuel des médicaments, l’examen de la consommation d’alcool, des conseils sur l’abandon du tabac et des conseils nutritionnels éclairés par des mesures de la densité osseuse. Les équipes de soins peuvent se composer des membres de l’équipe de soins primaires de la personne concernée, auxquels s’ajoutent un physiothérapeute ou kinésiologue, un ergothérapeute, un pharmacien et d’autres intervenants. L’équipe devrait examiner à quelle fréquence la personne est tombée et les circonstances de ses chutes, en tenant compte des problèmes médicaux aigus ou fluctuants, des problèmes médicaux chroniques et des facteurs cognitifs.

La prise de nombreux médicaments augmente le risque d’effets secondaires et d’interactions médicamenteuses. Les membres de l’équipe de soins de santé qui évaluent le risque de chute d’un aîné doivent vérifier si sa pression artérielle varie avec les changements de posture, examiner sa démarche et tout problème d’équilibre et de mobilité, et examiner sa vision, ses pieds et ses chaussures.

Prévention des chutes dans la communauté

Un programme d’amélioration de la force et de l’équilibre est essentiel pour accroître les capacités des patients et améliorer les résultats. Les ressources doivent passer de l’évaluation au traitement et à l’intervention. Dans la communauté,un programme idéal de prévention des chutes est normalisé, gratuit et agréable pour les participants. Certains programmes peuvent mettre l’accent sur les visites à domicile pour évaluer les modifications nécessaires pour la sécurité, mais tous devraient chercher à optimiser la force, l’équilibre, la souplesse, l’agilité et la santé des os, et devraient inclure un examen des médicaments de l’aîné pour voir s’il est possible d’en éliminer. Les activités sociales qui contribuent à améliorer certaines de ces dimensions comprennent la danse, le tai-chi, le yoga et la pétanque.

La fragilité est évitable et traitable. Tout comme on fait le dépistage du cancer du sein, on peut faire un dépistage en vue de prévenir les chutes. Les résultats peuvent être excellents, mais il existe des lacunes dans les soins dans toutes les communautés. Une grande partie de l’élan en faveur du changement est venue des proches aidants et des membres de la famille. Les milieux de travail et les collectivités doivent être favorables aux proches aidants. Les trois quarts des aidants travaillent à l’extérieur du foyer : ces personnes ont besoin d’aide pour se retrouver dans le système de soins de santé, s’absenter du travail et prévoir les problèmes futurs. Elles ont aussi besoin d’un soutien financier et affectif. Il existe dans diverses provinces des groupes d’aidants et de patients, notamment la Communauté engagée pour laprévention des chutes,la Fondation ontarienne de neurotraumatologie (en anglais) et la Marche des dix sous, qui aident les patients qui ont des problèmes de santé augmentant le risque de chute, comme la maladie de Parkinson, l’ostéoporose et la maladie d’Alzheimer. Il est essentiel de trouver des champions dans votre région.

Des programmes de prévention des chutes qui s’harmoniseraient avec la campagne Exigeons un plan feraient en sorte que les organismes nationaux de soutien aux proches aidants collaboreraient avec l’Association médicale canadienne et d’autres intervenants pour préconiser la modification des politiques aux niveaux fédéral, provincial ou territorial et municipal. Les proches aidants doivent avoir accès à de meilleures possibilités d’éducation et de perfectionnement, et recevoir un soutien financier et affectif suffisant. Il devrait être plus facile pour les gens d’accéder aux programmes et à l’information. Pour ce faire, nous devons faciliter la navigation dans le système de santé et éliminer les cloisonnements. Les patients, les fournisseurs de soins de santé et les aidants devraient être en mesure de trouver l’information la plus pertinente pour eux. Enfin, il faut accorder une attention et un soutien particuliers aux populations vulnérables comme les communautés des Premières Nations et celles des milieux ruraux et défavorisés.

Cet article est une contribution du Dr Eoghan O’Shea, dans le cadre de la série Experts en la matière, qui invite les artisans du milieu à donner leur point de vue sur les soins aux aînés et les perspectives qu’ils envisagent pour un avenir plus radieux. L’Association médicale canadienne remercie le Dr O’Shea de sa contribution.

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