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Les soins virtuels dans le Nord

La vie sans médecin de famille est une réalité pour de nombreux aînés canadiens

Lorsque le médecin de famille de Rita Flanagan a pris sa retraite après 35 ans de pratique, bon nombre de ses patients de Fredericton se sont retrouvés sans médecin. Rita, qui avait alors un peu plus de 70 ans, avait des antécédents de cancer du sein, subi de multiples interventions chirurgicales, et souffrait de polyarthrite rhumatoïde et de cardiopathie. Son nom a figuré deux ans sur une liste comptant des milliers de personnes en attente d’un nouveau médecin de famille, et elle se trouve chanceuse. « Je connais des gens qui sont inscrits sur cette liste depuis trois à cinq ans. » Pendant l’attente, les aînés comme Rita doivent gérer eux-mêmes leurs soins en visitant des cliniques de consultation sans rendez-vous et le service bondé des urgences de leur hôpital local.  

Ce problème est loin d’être exclusif au Nouveau-Brunswick. La Dre Kari Sampsel, urgentologue à Ottawa, affirme qu’elle soigne tous les jours des patients orphelins de médecin de famille. « Au cours d’une journée moyenne, environ le quart des patients qui se présentent au service des urgences n’ont pas de médecin de famille attitré et une bonne proportion d’entre eux sont des aînés. »

En l’absence de dossiers électroniques ou d’un médecin de famille, le personnel du service des urgences doit souvent tout recommencer depuis le début avec chaque patient. « Il est vraiment difficile pour les aînés dont l’état de santé est complexe de nous fournir leurs antécédents médicaux complets et leur liste de médicaments, surtout lorsqu’ils se sentent mal ou en détresse. Les difficultés liées à la parole, à l’ouïe et à la fonction cognitive peuvent créer d’autres obstacles à la communication. »

La Dre Sampsel estime qu’il faut des heures pour résoudre les énigmes médicales des patients âgés sans médecin de famille. « Nous devons les garder plus longtemps et nous devons parfois effectuer des tests supplémentaires pour nous assurer qu’on ne rate pas quelque chose d’important. Si nous nous inquiétons de leur sécurité, alors ils seront hospitalisés. »

Lorsque les patients n’ont nulle part où aller pour un suivi, la Dre Sampsel les voit souvent plus d’une fois. « Les patients âgés reviennent fréquemment au service des urgences pour faire vérifier une infection cutanée ou pour obtenir de l’aide pour contrecarrer les effets secondaires de médicaments comme les antibiotiques. »

Lorsqu’on lui demande pourquoi, selon elle, il y a actuellement une pénurie de médecins de famille au Canada, la Dre Sampsel soupire. « C’est un travail difficile, surtout compte tenu du volume de patients et de la complexité des problèmes de santé associés au vieillissement. Les pratiques familiales coûtent cher et les codes d’honoraires actuels sous-évaluent largement le travail effectué. Il n’est pas étonnant que l’épuisement professionnel devienne répandu. »

Pour la Dre Sampsel, les médecins de famille sont les « quarts-arrière des soins de santé », et elle insiste sur le fait que leur rôle ne doit pas être sous-estimé. « Nous avons besoin de plus de postes de résidence en médecine familiale, nous devons mieux faire la promotion de ce domaine de la médecine et soutenir ceux et celles qui le choisissent. Les médecins de famille sont les seuls à pouvoir brosser le tableau complet de la santé d’un patient, y compris de son état de santé de base. Leurs interactions régulières avec les patients fournissent la médecine préventive essentielle à la survie de notre système et à la prestation de soins appropriés à tous les Canadiens et Canadiennes. »

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