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Vieillir chez soi

 

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Notre demeure, quelle qu’en soit la forme – spacieuse maison de banlieue ou condo urbain, – nous procure bien plus qu’un simple toit. Nous l’habitons de nos souvenirs et de nos émois.

 

Les résultats d’un sondage réalisé en 2013 ne devraient donc pas nous étonner : 83 p. 100 d’entre nous souhaitent vieillir à la maison et demeurer dans notre logement actuel le plus longtemps possible.

 

L’idée de vieillir chez soi peut sembler toute simple, mais il faut peser une foule de facteurs pour mener un tel projet à bien, tant pour soi-même que pour un membre vieillissant de la famille. Outre les facteurs liés aux coûts – avez-vous les moyens de continuer à vivre dans votre logement actuel? – il faut songer aux dimensions pratiques de l’aménagement physique, de même qu’aux liens sociaux. La maison est-elle adaptée aux besoins d’une personne âgée en perte de mobilité, dont la vue ou les facultés intellectuelles diminuent? Le milieu offre-t-il suffisamment d’interactions sociales pour permettre un mode de vie sain?

À mesure que la population d’aînés augmente au Canada, on voit aussi croître le nombre et l’envergure des ressources. Il est très important de pouvoir se faire une idée claire des services offerts et des choix possibles. Le site Web d’Emploi et Développement social Canada a compilé à cette fin une imposante liste de ressources. On y retrouve notamment un lien vers un dépliant intitulé « Penser à vieillir chez soi », produit par le Forum fédéral, provincial et territorial des ministres responsables des aînés, qui contient des renseignements détaillés.

La Société canadienne d’hypothèques et de logement offre aussi un portail virtuel de ressources sur le thème « vieillir chez soi » (https://www.cmhc-schl.gc.ca/fr/co/‌loacad/index.cfm), où l’on trouve des liens utiles au sujet des logements accessibles et adaptables.

L’Institut de recherche en politiques publiques, organisme sans but lucratif basé à Montréal, vient pour sa part de publier un rapport sur l’aménagement de banlieues mieux adaptées aux aînés (http://irpp.org/fr/research-studies/insight-no14/document en anglais avec sommaire en français).

Certaines collectivités explorent des projets de cohabitation visant à organiser les espaces de vie de façon à accroître le partage des éléments essentiels et à réduire ainsi les coûts. Le site du réseau Canadian Cohousing Network (cohousing.ca) réunit une imposante somme de renseignements, dont une FAQ détaillée et un répertoire des 14 projets de cohabitation qui sont actuellement en place.

Par ailleurs, dans le monde de la construction, un nombre croissant de bâtisseurs, d’entrepreneurs et autres obtiennent le certificat et la désignation de « Certified Aging in Place Specialist » (CAPS – spécialiste agréé du vieillir chez soi). Le CAPS est géré par la National Association of Home Builders (http://www.nahb.org) des États-Unis, mais il existe un volet du programme pour le Canada qui porte sur les exigences particulières des habitations dans nos climats. Pour les Canadiens qui souhaitent analyser des habitations déjà bâties ou en concevoir de nouvelles, il est utile de connaître l’existence de ce programme.

Malgré cet éventail de ressources, le Canada tire de l’arrière par rapport aux États-Unis, où un organisme national, le National Aging in Place Council (http://www.ageinplace.org), fait du lobbying au nom des aînés, de plus en plus nombreux, qui souhaitent vieillir chez eux.

Ici, au Canada, l’AMC réclame la création d’un nouveau fonds d’innovation réservé aux soins à domicile et aux soins palliatifs. Dans cette optique, la définition des soins à domicile englobe toute une gamme de services offerts à domicile et dans la communauté, par exemple les initiatives de promotion de la santé et d’enseignement, la réadaptation, le soutien et l’aide à domicile, les soins palliatifs de fin de vie et les services d’intégration et de soutien pour les aidants familiaux. Selon la proposition de l’AMC, il serait possible d’élargir la disponibilité des soins à domicile en investissant dans de nouveaux modèles innovateurs et en généralisant des pratiques porteuses de promesses qui existent déjà au pays.