Tweet #SoinsAuxAînés.

Une petite localité réussit un grand coup

emergency.jpg

Les services des urgences partout au Canada procèdent au triage et au traitement d’un nombre soutenu, parfois exponentiel, de patients chaque jour. Les installations sophistiquées de ces services d’hôpitaux sont conçues pour réagir aux situations qui mettent la vie en danger et fournir des soins médicaux intensifs en cas de maladies ou d’accidents nécessitant une intervention immédiate. Or, la population ne se rend pas toujours au service des urgences pour les bonnes raisons, et ce, malgré elle bien souvent. L’Institut canadien d’information sur la santé souligne que des millions de Canadiens se rendent au service des urgences local pour le traitement de problèmes médicaux mineurs. Et parmi ceux-ci, on compte un nombre élevé de personnes âgées qui utilisent ce service pour le traitement d’états de santé qui auraient pu être évités.

 

Le nombre croissant de visites au service des urgences par les personnes âgées est inévitable dans les années à venir. La situation reflète l’augmentation du nombre de personnes âgées aux prises avec des problèmes de santé plus complexes, mais sans services adéquats pour répondre à leurs besoins liés à la santé.

« Nous avons réussi à mettre en place des stratégies pour réduire la dépendance au service des urgences et qui peuvent aussi tenir compte du vieillissement de la population », a affirmé Eric Hanna, PDG d’Arnprior Regional Health. 

Nichée dans le comté de Renfrew, Arnprior est une petite ville ontarienne dont la population croissante se maintient tout juste au-dessus de 8 000 habitants. Plus de la moitié de ses habitants sont âgés de 45 ans et plus, chiffre qui dépasse la moyenne nationale. 

Cette hausse du nombre de personnes âgées dans les services des urgences ailleurs au pays pourrait être beaucoup plus marquée dans les petites localités de retraités comme Arnprior. L’hôpital d’Arnprior a su mettre en place des stratégies novatrices pour réduire l’engorgement du service des urgences. En effet, l’hôpital a adopté récemment un modèle qui permet de réduire les visites répétées des personnes âgées au service des urgences. Dans le cadre du programme, une infirmière fait un suivi par téléphone auprès des patients après leur congé. 

« Les gens ne devraient pas être hospitalisés de nouveau pour un problème qui peut être évité », ajoute M. Hanna. 

« Nous appelons le patient dans les 72 heures suivant son congé, explique M. Hanna. Nous vérifions d’abord s’il s’est procuré les médicaments qui lui ont été prescrits. Ensuite, nous vérifions s’il a obtenu un rendez-vous avec son médecin de famille et enfin, s’il connaît les signes et symptômes qui suggèrent qu’il a un problème ou qu’il doit retourner à l’hôpital. » 

Le modèle peut sembler simple, un hôpital qui fait le suivi de patients qu’il vient de traiter. Certains diraient que c’est un retour à un niveau de services qui s’est perdu dans notre système de santé moderne et à court de ressources. Comme M. Hanna l’a observé à Arnprior, il s’agit d’un modèle fructueux qui vaut les efforts supplémentaires requis.

« Les preuves sont claires et elles sont logiques, ajoute M. Hanna. Nous avons réussi à réduire le taux de réadmission de moitié grâce au suivi des patients dans la communauté. La majorité de ces patients auraient été réhospitalisés par le service des urgences. » 

Des stratégies comme celles-ci sont un pas modeste, mais important pour répondre aux besoins de soins de santé de la collectivité dans le quotidien. Dans sa poursuite d’approches novatrices pour Arnprior Regional Health, M. Hanna demeure fidèle à sa devise, dit-il : « les soins appropriés, au bon endroit et au bon moment. »