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Ses services intergénérationnels novateurs

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Comme chacun le sait, les grands-parents sont des trésors de connaissances. Voilà qui peut sembler évident. Or, même si le simple bon sens ne se traduit pas toujours en de bonnes politiques sociales, cela se produit parfois. Ainsi, au Canada, on voit émerger des mesures de soutien à l’échange intergénérationnel de connaissances.

L’échange de connaissances et d’expériences entre les jeunes personnes et les plus âgées s’inscrit dans les pratiques de nombreuses cultures, notamment en Chine, dans les pays de l’Europe de l’Est et chez les peuples autochtones de l’Amérique du Nord, mais tarde à s’installer chez nous. Il a fallu attendre à 2010, par exemple, pour qu’une province canadienne reconnaisse officiellement la Journée intergénérationnelle au Canada, le 1er  juin. Depuis lors, sept provinces ou territoires et plus d’une centaine de villes ont emboîté le pas.

La reconnaissance officielle de cette journée marque un jalon important dans un cheminement dont le début remonte à la création de la société intergénérationnelle i2i du Canada (i2i Intergenerational Society), en 2008. Fondée par une éducatrice, Sharon MacKenzie, la société i2i est le fruit du travail de Sharon au sein du système scolaire de la Colombie-Britannique pendant 30 ans et du lancement du projet phare de l’école Meadows de Vernon (C.-B.), en 2000.

Le projet de l’école Meadows, qui a été documenté dans le film Whose Grandma Are You? (Vous êtes la grand-maman de qui?), avait pour objectif de créer des occasions de rencontre entre les élèves de la première à la douzième année et les résidents d’un foyer pour personnes âgées. Ces échanges ont produit des bienfaits mesurables sur la santé mentale, physique et sociale de tous les participants.

Comme le dit Jim Elderton dans le film, les élèves croyaient qu’ils allaient s’ennuyer ferme au cours de ces visites obligées auprès de personnes âgées catatoniques. Or, les visites se sont transformées en un programme d’échanges intergénérationnels dynamiques et interactifs. Un projet de recherche réalisé en 2005 par l’Université de Calgary en est d’ailleurs arrivé à la conclusion suivante :

« Les programmes intergénérationnels peuvent contribuer au mieux-être des personnes et des collectivités […], car ils facilitent des échanges mutuellement bénéfiques, stimulent le bénévolat, améliorent la cohésion sociale et la robustesse de la communauté, stimulent l’intégration et la collaboration et renforcent les liens familiaux. » [traduction]

Des programmes semblables, structurés ou informels, existent un peu partout au pays. En Alberta, par exemple, la société LINKages de Calgary s’emploie depuis 1994 à créer des programmes et des services intergénérationnels novateurs qui favorisent la participation et le transfert de connaissances et tirent parti des forces des jeunes et des aînés afin de consolider les bases des communautés de la province. À Brantford, en Ontario, les programmes intergénérationnels Seniors and Kids réunissent les jeunes et les aînés au moyen de visites scolaires dans les résidences et de rencontres virtuelles en transmission vidéo continue. Au Québec, l’initiative des centres d’apprentissage communautaire (Community Learning Centre), implantée dans toutes les commissions scolaires anglophones, s’est donné pour mission d’offrir aux élèves, aux familles et aux communautés des activités récréatives, éducatives, sociales et culturelles. Le réseau réunit plus de 500 partenaires et soutient plus de 1 500 activités, aussi bien des classes de cuisine et de langue que des cours de badminton et de yoga. Les Territoires du Nord-Ouest, pour leur part, offrent des programmes auxquels participent plus de 500 jeunes et de 330 aînés dans des villes et des villages comme Fort Smith, Hay River, N’Dilo et Dettah.

Une dimension de l’apprentissage intergénérationnel brille toutefois par son absence au Canada : la coordination. On peut certes repérer aisément les détails de chacun des programmes offerts au pays, mais il n’existe pas chez nous d’agence centrale de coordination semblable, par exemple, à Generations United, aux États-Unis. Cette organisation sans but lucratif située à Washington (D.C.) gère une base de données qui recense quelque 500 programmes intergénérationnels offerts dans 50 États et coordonne un programme de prix qui a rendu hommage à 24 communautés américaines ayant embrassé des solutions intergénérationnelles afin de servir, d’autonomiser et de mobiliser les résidents de tous les âges. 

Conclusion? On assiste à certains progrès au Canada, mais il reste du chemin à parcourir pour que les perles de sagesse circulent davantage entre les jeunes et les aînés.