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Les relations intergénérationnelles font partie de la solution

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Au Canada, en ce 21e siècle, le fait que les aînés sont désormais plus nombreux que les jeunes de moins de 15 ans présente de nouveaux défis et exerce de nouvelles pressions, mais offre également de nouvelles possibilités. Comme beaucoup d’entre nous vivront 25 ans de plus que nos grands-parents – et des années actives en santé –, nous devons réfléchir et élargir les rôles des adultes retraités dans nos collectivités. Nous devons revoir nos programmes, nos priorités et nos établissements, non seulement pour fournir des services aux aînés, mais aussi pour exploiter l’immense potentiel que ces derniers ont à offrir. Dans leur quête de sens, d’engagement et d’occasions de faire part de leur expertise et de donner au suivant, les aînés ont beaucoup à donner. Le défi consiste à créer un cadre pour leur donner la possibilité de le faire.

La solution réside en partie dans les relations intergénérationnelles : des activités et des programmes rassemblant jeunes et vieux dans des projets collaboratifs qui favorisent la résilience, améliorent les relations sociales et renforcent les capacités individuelles et communautaires.

Quelques exemples de réussite se détachent du lot. Songeons entre autres à la présence dans une résidence pour aînés d’une garderie ou d’une classe d’école primaire. Aux États-Unis, au Canada et aux Pays-Bas, des étudiants universitaires vivent dans des résidences pour aînés; ils paient un loyer réduit en échange d’heures de services pour les résidents. Un autre exemple : à Cleveland, des étudiants en musique habitant une résidence pour retraités ensoleillent la vie des résidents par leur travail. En Californie, l’Intergenerational Collaboration Initiative réunit aînés et étudiants pour des promenades hebdomadaires et des tables rondes mensuelles. Enfin, partout aux États-Unis, Generations United soutient les grands-parents qui élèvent des enfants.

L’intérêt est de plus en plus marqué, mais la plupart de ces efforts demeurent isolés et de petite envergure. Comment stimuler ces programmes intergénérationnels bénéfiques, en élargir la portée et en assurer la viabilité?

Une vision de changement systémique prend forme au Québec. Le financement fédéral pour l’enseignement en langue minoritaire a permis aux commissions scolaires anglophones d’établir un réseau de plus de 50 CAC, ou centres d’apprentissage communautaire. Les CAC proposent des activités d’apprentissage et de loisir aux gens de tous âges – principalement après l’école et en soirée – et jouent un rôle dans le développement communautaire. Cependant, les aînés ont pour le moment peu d’occasions de tisser des liens avec les élèves, d’apprendre d’eux et de contribuer à la vie scolaire. S’il y avait un deuxième employé (en plus du coordonnateur du CAC), il deviendrait soudainement plus réaliste de recruter, de former et de déployer des adultes bénévoles dans l’école.

Le tout pourrait commencer lentement, un jour par semaine avec une poignée de bénévoles et quelques enseignants ouverts à la présence d’un autre adulte dans leur classe. Les aînés pourraient jouer le rôle de conférencier, de lecteur, de mentor et d’assistant. Ces contacts entre élèves et aînés pourraient donner lieu à des collaborations dans le cadre de projets d’intérêt commun, comme des jardins communautaires, des campagnes de santé et de mise en forme, et des efforts environnementaux.

Le potentiel est infini, et les avantages, considérables, mais il faut une volonté politique et un budget pour élargir la mission de nos écoles et donner son sens à l’expression « apprentissage continu ». Les écoles sont des établissements financés par l’État utiles à une très petite proportion de la population, environ 200 jours par année. Pourquoi ne pas en faire le cœur de la vie communautaire au moins 300 jours par année, une zone de rencontre essentielle pour les aînés et les jeunes.

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Don Rosenbaum, M.Ed., a été président de l’Association of Family Life Educators of Quebec [Association des éducateurs familiaux du Québec] et travaille à titre d’animateur pour le Partenariat pour l’amélioration de l’école. En plus d’avoir enseigné durant plus de 30 ans dans des écoles privées et publiques du Québec, Don a contribué au travail de développement international en Afrique du Sud et au Bhoutan. Aujourd’hui à la retraite, il milite pour l’élargissement de la mission des écoles afin qu’elles servent les gens de tous âges et deviennent des « centres d’apprentissage communautaires intergénérationnels ».