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Les montants s’accumulent, indique une nouvelle étude

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Parfois, ce sont les frais de stationnement pendant 90 minutes au cabinet du médecin ou le coût d’un café et d’un muffin de temps à autre avec maman au Tim Horton’s. Parfois, c’est le coût supplémentaire de l’essence pour emmener les enfants visiter grand-maman à sa maison de retraite la fin de semaine. Que les dépenses soient petites ou grandes, la tendance est claire : près de deux millions de Canadiens assument des dépenses liées aux soins de leurs parents âgés.

Et ces montants s’accumulent. En fait, une nouvelle étude réalisée par deux économistes de la Banque canadienne impériale de commerce (CIBC) révèle que le coût global, pour les Canadiens qui ont un parent de plus de 65 ans, atteint une somme faramineuse de 33 milliards de dollars par année, les dépenses personnelles directes dépassant à elles seules les 6 milliards de dollars.

Or, le gros de ces coûts est assumé par les personnes qui en ont le moins les moyens. En effet, comme le montre l’étude de la CIBC, réalisée par Benjamin Tal et Royce Mendes, les Canadiens qui gagnent 50 000 $ ou moins payent de leur poche 3 810 $ par année, en moyenne, pour s’occuper de leurs parents âgés. Pour ceux dont le revenu est de 50 000 $ à 99 000 $, les dépenses sont en moyenne de 3 600 $, tandis que pour ceux dont le revenu dépasse les 100 000 $, les dépenses sont en moyenne de 2 933 $.

Les personnes à revenu élevé s’occupent-elles moins de leurs parents?  Non, bien entendu. La réalité, c’est que les parents des Canadiens à faible revenu tendent à avoir moins de moyens. « Leurs parents n’ont tout simplement pas suffisamment d’argent pour voir à leurs propres besoins », explique Benjamin Tal.

Comme on prévoit que la proportion de Canadiens de 65 ans et plus passera de 17 % à 22 % d’ici 2027, une part croissante du fardeau du soin des parents âgés reviendra aux personnes à faible revenu.

Les auteurs du rapport de la CIBC ajoutent que les coûts directs paraissent dérisoires à côté des coûts issus de la perte de revenus. Près du tiers des travailleurs qui ont un parent de plus de 65 ans s’absentent du travail pour en prendre soin. Ces personnes sacrifient en moyenne 450 heures de travail par année, ce qui représente 27 milliards de dollars en perte de revenu ou de temps de vacances. Et ces chiffres ne tiennent même pas compte du potentiel réduit de mobilité professionnelle ou de promotion qui pourrait être associé à ce degré d’absentéisme au travail.

Le fardeau est le plus lourd pour les personnes à faible revenu, tout particulièrement les femmes, qui tendent à prendre 30 % plus de congés que les hommes pour s’occuper de parents vieillissants.

 

(Le rapport de la CIBC se fonde sur les résultats d’un sondage en ligne réalisé entre le 16 et le 20 mars auprès de 3 034 Canadiens adultes choisis aléatoirement parmi les membres du Forum Angus Reid. Un échantillon probabiliste de cette taille comporterait une marge d’erreur de plus ou moins 1,7 %, 19 fois sur 20. Les résultats ont été pondérés statistiquement en fonction de l’éducation, de l’âge, du sexe, de la région et de la langue dans les données du recensement.)