Tweet #SoinsAuxAînés.

La première initiative nationale à aider à changer les stéréotypes négatifs

Cassidy__Keri-Leigh.jpg

La Dre Cassidy est la fondatrice de l’organisation Fountain of Health Initiative for Optimal Aging et elle est cofondatrice de la Association for Positive Psychiatry of Canada.

 

L’une des plus grandes réalisations de la médecine moderne du dernier siècle a été de presque doubler l’espérance de vie humaine, qui est passée de 50 à 82 ans. Faisant partie du seul groupe d’âge qui affiche une croissance à l’échelle nationale, les aînés représentent l’avenir de notre pays pour les décennies à venir. Quel rôle notre système de santé devrait-il jouer pour aider les Canadiens à investir dans cet avenir?

Cette longévité est due en grande partie au fait que le milieu médical se concentre depuis longtemps et de façon continue sur l’identification et le traitement des causes et effets de la maladie. Par exemple, en tant que psychiatre gériatrique, j’ai reçu une formation spécialisée en diagnostic et traitement des maladies cognitives et mentales en fin de vie. Toutefois, l’attention continue et presque exclusive portée sur les maladies liées au vieillissement peut aussi renforcer les stéréotypes négatifs à leur sujet. Quand on pense au vieillissement, les affections qui viennent d’abord à l’esprit sont la dépression et la démence, ou la fragilité et la perte d’autonomie. À cet égard, la médecine peut involontairement contribuer à l’âgisme et exacerber les craintes liées au vieillissement.

En outre, notre système de soins de santé est de plus en plus coûteux et de moins en moins durable. Il y a des milliers de spécialistes médicaux formés à attendre que la maladie se manifeste chez les patients avant d’intervenir. Il faut un nouveau paradigme pour les soins de santé selon lequel les politiques, la pratique, l’éducation et la recherche exigeront de plus en plus que les médecins aident les gens à rester en bonne santé et à bien vivre avec la maladie.

Fountain of Health Initiative for Optimal Aging est la première initiative nationale à aider à changer les stéréotypes négatifs et à promouvoir un vieillissement en santé par l’intermédiaire de la science. Elle est axée sur cinq principaux moyens, fondés sur des données probantes, qui peuvent protéger notre santé alors que nous prenons de l’âge :

  1. rester actif physiquement;
  2. rester socialement actif;
  3. poursuivre un apprentissage continu;
  4. prendre soin de notre santé mentale;
  5. modifier notre façon de penser au vieillissement.

Visitez le site http://www.fountainofhealth.ca pour regarder une courte vidéo éducative, répondre à un questionnaire ou fixer votre propre objectif tangible pour une meilleure santé. Des outils utiles pour les professionnels de la santé dans le cadre de l’interaction avec les patients sont aussi offerts.

Les données scientifiques factuelles de Fountain of Health indiquent qu’un bon nombre de stéréotypes négatifs associés au vieillissement sont erronés. Contrairement aux idées reçues, des recherches démontrent que notre cerveau a la capacité d’apprendre jusqu’à un âge très avancé (neuroplasticité), et qu’il peut même s’améliorer avec l’usage. Avec l’âge peut venir la sagesse : nos expériences de vie améliorent notre cerveau, nous rendant plus résilients, compatissants et altruistes et plus aptes à gérer des émotions intenses.

Étonnamment, avec l'âge vient aussi le potentiel pour un plus grand bonheur : la satisfaction et la joie de vivre augmentent souvent alors que les décennies s’additionnent, ce phénomène s’appelle le paradoxe du vieillissement. Singulièrement, les recherches suggèrent également que les perceptions négatives du vieillissement peuvent effectivement nuire à notre santé. Les pensées négatives peuvent devenir une prédiction accomplie – on a constaté que les gens qui ont une perception négative du vieillissement meurent plus tôt que ceux qui ont une perception positive. Une opinion négative du vieillissement augmente les risques de maladie et d’invalidité, alors qu’une attitude positive est liée à plusieurs formes de comportements plus sains (comme faire plus d’exercice) et à de meilleurs résultats (comme vivre plus longtemps).

Les travaux de recherche réalisés dans le cadre de cette initiative ont des répercussions directes sur le système de santé et notre pays. Si l’on peut remédier aux croyances négatives sur le vieillissement par des preuves à l’effet contraire, les attitudes peuvent changer et les gens seront plus enclins à investir dans leur santé future. Ce changement nécessaire se produit déjà dans mon milieu, avec l’arrivée d’un nouveau domaine appelé la « psychiatrie positive » — voir le site http://www.appc.ca. Avec l’appui d’une stratégie nationale sur les aînés, le système médical dans son ensemble pourra faire beaucoup plus pour promouvoir activement le vieillissement en santé au Canada. Après tout, notre avenir collectif en dépend.