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L’AMC rencontre des aînés à Ottawa pour discuter de l’amélioration des soins

OTTAWA, le 25 septembre 2015 – Récemment, l’Association médicale canadienne (AMC) s’est rendue dans un établissement de soins de longue durée, l’endroit par excellence pour discuter de la question des soins aux aînés.

Les aînés et le personnel de soutien du Centre de santé Perley et Rideau pour anciens combattants, à Ottawa, étaient au rendez-vous hier soir dans le cadre d’une série de rencontres organisées par l’AMC afin de sensibiliser au besoin d’une stratégie nationale sur les soins aux aînés.

La soirée a été marquée par des débats passionnés et chargés d’émotions sur le système de santé du Canada.

Le Dr Frank Molnar, gériatre à L’Hôpital d’Ottawa, a pris la parole au nom de l’AMC. Il a insisté sur le besoin pour tous les Canadiens, y compris les aînés, d’exprimer leurs préoccupations et de s’engager dans la campagne électorale pour faire des soins aux aînés un enjeu déterminant des élections.

« La pression doit venir du public. Les médecins peuvent conseiller, nous pouvons faire des suggestions, mais nous ne pouvons pas agir seuls, a‑t‑il ajouté. Tous les Canadiens doivent se regarder dans le miroir et se dire que nous faisons tous partie du problème. »

Le système canadien est mal coordonné et ne s’est pas adapté à la réalité de la population vieillissante, a enchaîné le Dr Molnar. Les hôpitaux et les centres de soins communautaires fonctionnent à pleine capacité et il manque de ressources pour gérer l’afflux de patients. Et la situation ira en empirant à mesure que le nombre d’aînés augmente.

Francis Cordukes, ancienne infirmière aujourd’hui à la retraite, connaît trop bien les répercussions d’un système défaillant ayant été témoin de l’évolution du milieu hospitalier au fil des ans.

« Les infirmières sont épuisées, dit-elle. La satisfaction au travail est inexistante. Lorsque j’arrivais dans l’unité, les gens me demandaient pourquoi j’étais la seule personne qui leur parlait. »

Mme Cordukes, aidante de son mari qui habite au Centre Perley Rideau, comprend bien les difficultés auxquelles sont aux prises les aînés et leurs soignants dans notre système actuel. Le Centre d’accès communautaire avait attribué au couple 90 heures par mois de soutien à domicile après l’accident vasculaire cérébral de son mari. Malheureusement, après quatre ans, ils ont perdu ce service en raison d’un manque de ressources.

« J’étais en train de m’épuiser alors j’ai appelé les Affaires des anciens combattants pour que nous soyons inscrits sur leur liste active », explique-t-elle.

Elle ajoute que d’après ses propres expériences du travail auprès des aînés, le Perley Rideau est l’un des meilleurs établissements de soins de longue durée de la province.

Le financement des soins de santé, et en particulier des établissements de soins de longue durée, a été l’une des principales préoccupations soulevées lors de la rencontre. Même si beaucoup de personnes étaient d’accord pour dire que la planification est importante, il n’en demeure pas moins qu’il faut des fonds supplémentaires pour atteindre les objectifs à l’avenir.

La question revêt une signification particulière pour le Perley Rideau car le modèle de financement sera appelé à changer lorsqu’il n’y aura bientôt plus de résidents de la guerre de Corée et de la Seconde Guerre mondiale. À mesure que leur nombre diminue, l’engagement du gouvernement fédéral à payer pour les soins de longue durée des anciens combattants diminue aussi.

« Il faut trouver des moyens d’innover et de créer des programmes financièrement viables », a affirmé Akos Hoffer, président-directeur général du Centre de santé Perley et Rideau pour anciens combattants.

En ce sens, le Centre a entrepris un projet, qui en est à l’étape de la recherche, en vue de conclure un nouveau partenariat avec L’Hôpital d’Ottawa. Il s’agirait d’accueillir au Centre un certain nombre de patients hospitalisés nécessitant « un autre niveau de soins » : ces patients, qui ont besoin de soins constants et sont souvent des aînés, attendent dans un lit d’hôpital d’être transférés dans un milieu de soins convenant mieux à leur état.

Des stratégies plus efficaces et rentables comme celle-là transformeront la prestation des soins aux aînés. Un financement accru est nécessaire, mais il faut trouver de nouvelles façons d’utiliser les fonds existants afin de créer un système plus ingénieux, a souligné le Dr Molnar.

Faites-vous entendre sur www.exigeonsunplan.ca.