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L’amélioration du fonctionnement est particulièrement cruciale relativement à la population croissante d’aînés canadiens

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Pendant que les ministres canadiens de la Santé se rencontraient à Toronto en octobre pour discuter d’un nouvel accord sur la santé entre les provinces, les territoires et le fédéral, le président de l’Association médicale canadienne (AMC), le Dr Granger Avery, disait souhaiter que les échanges soient guidés par l’amélioration des soins aux patients, et non par la rentabilité.

« L’argent est important, bien sûr, a-t-il expliqué au Globe and Mail. Mais si nous ne trouvons pas un moyen de collaborer concrètement pour faire fonctionner notre système, nous aurons raté le coche. »

Le Dr Avery croit que l’amélioration du fonctionnement est particulièrement cruciale relativement à la population croissante d’aînés canadiens, un avis partagé entièrement par Pamela Siekierski.

Physiothérapeute d’Ottawa, fondatrice du Physical Therapy Institute (PTI), elle est bien au fait de l’appel de l’AMC à créer une stratégie nationale sur les aînés. « Nous accusons déjà un retard à cet égard », déplore-t-elle. (Déjà près de 40 000 Canadiens ont répondu à l’appel en signifiant leur appui à l’adresse www.exigeonsunplan.ca.)

Mme Siekierski, physiothérapeute principale au PTI, travaille dans le domaine depuis 35 ans. Elle connaît bien les enjeux des aînés, car ils comptent pour 20 % de sa clientèle. Selon elle, toute nouvelle stratégie devrait prévoir l’amélioration de la condition physique des aînés canadiens.

Le Dr Avery est d’accord : « Une stratégie nationale sur les aînés constitue un moyen concerté de faire face aux défis croissants – et vraisemblablement catastrophiques – qui résultent du vieillissement de la population. En aidant les aînés à sortir des établissements de soins actifs et à retourner dans leurs communautés, nous améliorerons du même coup les soins aux patients et libérerons des ressources. »

Il ajoute que c’est maintenant qu’il faut agir. « Cet accord sur la santé est la meilleure occasion de réaliser de véritables progrès dans les soins de santé au Canada que nous ayons eue depuis des décennies, a-t-il dit au Globe and Mail. Notre premier ministre se consacre réellement aux soins de santé et a nommé une médecin [la ministre de la Santé Jane Philpott] qui comprend la situation, a de l’expérience dans le système et souhaite veiller à une amélioration réelle des soins de santé au Canada. »

Pour ce qui est des avancées potentielles dans la prestation des soins, Mme Siekierski croit qu’il sera possible d’alléger la pression exercée sur les hôpitaux en s’attardant davantage aux problèmes, par exemple les chutes, qui amènent de nombreux patients âgés à occuper des lits. En collaboration avec des infirmières en santé publique et du personnel de l’Université d’Ottawa, elle a déjà participé à une étude qui visait à prévenir les chutes chez les aînés. « Nous avons prouvé l’efficacité des interventions, a-t-elle fait remarquer. Les aînés devraient avoir accès à des programmes amusants et abordables qui les aident à conserver leur force et leur équilibre tout en leur permettant de préserver leur autonomie afin qu’ils puissent demeurer chez eux. Sans compter que ces programmes contribueraient à réduire le nombre de chirurgies coûteuses nécessaires pour soigner des fractures de la hanche, une autre cause d’occupation des lits de soins actifs. »

Mme Siekierski fait valoir que, bien que l’AMC poursuive sa propre stratégie nationale sur les aînés, les physiothérapeutes font partie de ces professionnels de la santé ayant beaucoup à apporter à la discussion : « Nous sommes une ressource très sous-utilisée dans le contrôle des coûts des soins de santé, ainsi que dans la satisfaction des besoins des aînés, qui méritent mieux. »