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L’amélioration des soins aux aînés améliorera les soins pour les Canadiens de tous âges

Molnar.picture.jpgLe 16e Bulletin national de l’Association médicale canadienne sur le système de santé au Canada, qui se base sur un sondage en ligne auprès de Canadiens d’âge adulte, souligne que l’amélioration et l’élargissement des soins aux aînés sont les conditions les plus importantes pour que le système de santé soit en mesure de répondre aux besoins futurs des Canadiens. Le Bulletin indique également qu’une stratégie sur la santé des aînés doit recevoir du financement en priorité dans le nouvel Accord sur la santé.

Ces constatations ne sont pas surprenantes. Les aînés comptent pour près de 60 % des journées d’hospitalisation en soins actifs, représentent la majeure partie des patients en attente d’un autre niveau de soins (ANS) et absorbent presque la moitié des budgets de santé provinciaux. Les aînés étant de plus en plus nombreux, ces chiffres augmenteront rapidement et il est clair que le modèle actuel de soins aux aînés n’est pas viable sur le plan financier. S’il n’est pas amélioré grâce à une planification intelligente et une coordination stratégique, il entraînera une surcharge du système de santé et menacera la survie des soins de santé universels.

Chose surprenante et extrêmement gratifiante, les Canadiens sont maintenant conscients de cette situation et la dénoncent. Comme société, nous reconnaissons aujourd’hui que l’amélioration des soins aux aînés se traduirait par une diminution des problèmes d’engorgement des hôpitaux et du nombre de patients en attente d’un autre niveau de soins, en plus de retarder ou de prévenir les placements en établissements de soins de longue durée, ce qui aurait en même temps comme résultat d’améliorer l’accès aux services et de réduire les temps d’attente pour tous les Canadiens. Bref, l’amélioration des soins aux aînés permettrait réellement d’offrir de meilleurs soins aux Canadiens de tous âges.

Et comment faire pour améliorer les soins aux aînés? Tous s’entendent pour dire que les soins offerts dans la communauté doivent être accrus afin de prévenir le recours inutile aux services d’urgence et les hospitalisations évitables (qui mènent souvent à des séjours prolongés et à l’augmentation du nombre de patients en attente d’un autre niveau de soins). Pour ce faire, nous devons « déshospitaliser » le système et bâtir une infrastructure plus solide dans la communauté afin de permettre aux spécialistes d’exercer à l’extérieur des murs de l’hôpital et de mieux intégrer les soins spécialisés aux soins primaires et aux soins à domicile. Tant que les spécialistes ne seront pas intégrés en plus grands nombres aux soins communautaires, nous ne pourrons éviter l’hospitalisation des aînés présentant les problèmes médicaux les plus complexes.

Bien entendu, l’hospitalisation est parfois inévitable et appropriée. En pareil cas, nous devons améliorer les soins aux aînés en milieu hospitalier afin que les aînés présentant le plus haut risque de déclin fonctionnel lié à l’hospitalisation (causé par le delirium et le déconditionnement en milieu hospitalier, découlant d’une mobilité inadéquate) puissent être rapidement repérés, suivis de près par des spécialistes des soins aux aînés (p. ex., gériatres, fournisseurs de soins aux personnes âgées, psychiatres gériatriques) et réintégrés en toute sécurité dans la communauté le plus tôt possible afin de prévenir ce type de problèmes. Cette démarche représente la convergence des espérances et des objectifs des aînés et de leurs aidants (poursuivre les soins à domicile aussi longtemps qu’il sera sécuritaire de le faire), des hôpitaux (limiter la durée des séjours à ce qui est réellement nécessaire pour des soins optimaux afin de réduire les problèmes d’engorgement) ainsi que des ministères provinciaux et territoriaux de la Santé (gérer le système de soins de santé de la manière la plus rentable possible afin d’en assurer la viabilité) – une solution sans pareille où chacun y gagne.

Le gouvernement fédéral et nos gouvernements provinciaux et territoriaux doivent maintenant reconnaître cette situation et agir en réorganisant les soins communautaires et les systèmes hospitaliers en conséquence, de façon à en garantir la viabilité. Ils doivent créer un système de santé axé sur la communauté plutôt que sur le milieu hospitalier comme c’est actuellement le cas.

Affirmons haut et fort à tout décideur disposé à écouter que l’amélioration des soins aux aînés améliorera les soins pour les Canadiens de tous âges.

 

Dr Frank Molnar, Vice-président, Société canadienne de gériatrie

Pour en savoir plus sur les diverses stratégies proposées en matière de soins aux aînés, consultez la section sur la représentation du site Web de la Société canadienne de gériatrie à www.canadiangeriatrics.ca.