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Établissements de soins de longue durée : de grands changements pour une meilleure qualité de vie

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Partout au pays, un vent de changement souffle sur les établissements de soins de longue durée : un changement de culture touchant la prestation des soins.

« Quand quelqu’un emménage dans un établissement de soins de longue durée, les limites de son univers se resserrent un peu », indique Kim Schmidt, responsable des services de soins aux résidents du Centre communautaire Sherbrooke, à Saskatoon. « Et nous, employés de l’établissement, devenons des créateurs de petits univers, que nous voulons aussi diversifiés et intéressants que celui de l’extérieur. »

Le Centre, qui compte actuellement 263 résidents, est connu pour son approche novatrice, non seulement en ce qui concerne le milieu de vie physique, mais aussi à cause de l’adoption d’une philosophie générale qui contribue à améliorer la qualité de vie quotidienne des résidents.

 

« Les gens n’ont pas tendance à s’épanouir en établissement. Il faut donc adopter une approche différente pour que les résidents se réalisent, apprennent et grandissent, peu importe leurs capacités, ajoute Mme Schmidt. C’est tout un changement de mentalité. »

Les établissements de soins de longue durée qui adoptent cette nouvelle philosophie – l’approche centrée sur le patient – mettent tout en œuvre pour que chaque résident ait son mot à dire sur ses soins. On s’éloigne d’une approche uniformisée pour aller vers une approche personnalisée qui met l’accent sur les sources de joie, de réconfort et de sérénité propres à chacun des résidents, ce qui implique la connaissance de leurs routines personnelles et préférées ainsi que l’offre d’une vaste gamme d’activités intéressantes et interactives.

Pensez à l’art, à la musique, à l’horticulture, à la danse, aux discussions intergénérationnelles, à l’animation spirituelle. Pensez aux amitiés qui se créent et qui perdurent. Pensez aux possibilités de leadership. Pensez à des routines plus souples. Ces programmes et activités n’existent pas seulement parce qu’il faut en avoir. C’est beaucoup plus que cela.

Selon Mary Schulz, directrice, Information, services de soutien et éducation à la Société Alzheimer du Canada, ces programmes et activités donnent aux résidents « une raison de se lever le matin ».

« [Par le passé,] les établissements de soins de longue durée étaient conçus en fonction des besoins des personnes âgées fragiles, explique Mme Schulz. Nous avons mis beaucoup de temps à nous rendre compte que la médecine ne règle pas tout. Quand les gens emménagent dans ce type d’établissements, ils viennent aussi avec des besoins spirituels et sociaux à combler. »

« La santé physique est importante, mais tout n’est pas là, ajoute-t-elle. Bien sûr, assurez mon hygiène, soulagez mes douleurs et prenez soin de mes besoins physiques, mais n’oubliez pas que le but est de me permettre de passer des journées enrichissantes. »

L’approche personnalisée pourrait grandement profiter aux résidents atteints de démence.

Actuellement, 747 000 Canadiens souffrent de démence, et on s’attend à ce que ce nombre atteigne 1 400 000 dans 16 ans, en raison du vieillissement de la population. Cette augmentation se fera bientôt sentir dans les établissements de soins de longue durée partout au pays.

« Environ 70 % des personnes atteintes de démence habiteront dans un établissement de soins de longue durée, même si elles ne souhaitent pas que cela arrive et préféreraient rester chez elles, dit Mme Schulz. La grande majorité de ces personnes aura vraiment besoin d’emménager dans un établissement un jour ou l’autre. Alors, comment rendre ces dernières années aussi agréables que possible? Comment offrir à ces résidents la meilleure qualité de vie possible? »

Le Centre communautaire Sherbrooke relève bien ce défi. Sa mission est de créer un espace où les résidents peuvent avoir une vie quotidienne remplie et stimulante.

En 2002, le Centre a lancé une station de radio animée par des résidents et des bénévoles et a ouvert une volière remplie d’oiseaux colorés. Puis, il y a deux ans, il a inauguré le Centre de créativité Kaleidoscope, un atelier d’arts complet géré par un directeur artistique et équipé d’outils adaptés pour que tous les résidents, peu importe leurs capacités physiques ou cognitives, puissent donner cours à leur inspiration créatrice. Il comprend aussi une garderie qui sert non seulement à garder des enfants, mais aussi à permettre des interactions intergénérationnelles.

Le Centre a été le premier établissement de soins de longue durée de la Saskatchewan à offrir un programme de musique. Son programme « Alive Inside », qui consiste à offrir des lecteurs de musique portables aux résidents atteints de démence, fait littéralement bouger et chanter les aînés.

« Un de nos résidents, atteint de démence, avait grandi en écoutant de la musique de violoneux », raconte Mme Schmidt. Elle se remémore ensuite le moment où il a tenu le iPod contenant ses propres listes de lecture : « Il a dansé pendant deux heures au lieu de rester près de la porte à essayer de sortir. »

« L’approche ne fonctionnera pas à tout coup… Mais pour plusieurs, ce sera une source de motivation, précise Mme Schmidt. Si vous passez du bon temps, le sentiment de bien-être peut se prolonger tout au long de la journée et la transformer. Le changement est remarquable. »