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Des villes axées sur les services aux aînés

La municipalité de Hamilton, en Ontario, tient sa promesse de devenir une « ville-amie des aînés » en prenant des mesures concrètes, dans les rues comme sur les trottoirs, dans les espaces intérieurs et extérieurs, aux abribus et aux piscines publiques.

La ville compte une population de plus de 80 000 adultes âgés (65 ans et plus), qui représente 16 % de la population totale, et ce nombre devrait doubler au cours des 20 prochaines années.

Le changement démographique ne se profile plus à l’horizon; il est aux portes de Hamilton. La première vague de baby-boomers va avoir 70 ans. Le calcul est simple : dans dix ans, ils en auront 80. Dans le but d’assurer que sa population vieillissante, qui croît rapidement, a ce dont elle a besoin pour vieillir de façon saine, active et autonome, la municipalité se revoit de fond en comble. 

Hamilton suit le modèle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin de devenir une véritable « ville-amie des aînés ». L’agence des Nations Unies a créé un aide-mémoire afin de guider les municipalités qui souhaitent porter ce titre en mettant en œuvre leur propre plan d’action sur le vieillissement de la population.

« En faisant la promotion du vieillissement en santé, l’OMS adopte une approche fondée sur le parcours de vie », a expliqué la Dre Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS, à une assemblée organisée lors de la Journée mondiale de la santé tenue à Genève il y a quelques années. « Ainsi, nous pouvons identifier de nombreux points critiques, pendant toute la durée de vie, à des fins d’intervention préventive. Nous devons respecter les personnes âgées et les considérer comme une importante source de sagesse et d’expérience, comme un atout – et non pas un fardeau – pour la société, comme des nouveaux modèles pour la “nouvelle réalité”. »

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Compte tenu de tout ce qu’elle fait, la ville de Hamilton est un excellent exemple de ce à quoi peut ressembler cette nouvelle réalité. 

Pour la municipalité, ça commence par un type de plan différent, un plan pour renouveler le paysage urbain et changer l’orientation des programmes et des services. La vision de cette nouvelle ville prévoit entre autres un accès amélioré aux arrêts d’autobus et aux points de vente des laissez-passer, des trottoirs plus larges, des passages pour piétons plus sécuritaires, un meilleur éclairage, la rénovation des édifices pour les rendre plus accessibles, le relèvement des normes d’entretien des toilettes publiques, la modification du matériel d’information public, des services de loisirs plus abordables et l’amélioration de l’expérience de bénévolat. 

Le plan encourage également la mise en œuvre de programmes visant à améliorer l’accès aux logements abordables pour les aînés, et s’inscrit contre l’étalement urbain, afin de trouver des façons de ramener la population vieillissante dans des quartiers que l’on peut parcourir à pied et qui offrent une foule de commodités.

Selon la Dre Margaret Denton, membre du Conseil sur le vieillissement de Hamilton, cette approche, qui implique de nombreux intervenants, permettra « d’améliorer la santé, le mieux-être et la sécurité des adultes âgés, par leur participation accrue à la vie communautaire ».

Le Conseil collabore étroitement avec les autorités municipales dans le cadre de l’élaboration du plan, apportant à la table de travail la perspective des aînés locaux (15 groupes de discussion) et une série de recommandations (92 au total). 

Le plan de Hamilton a beaucoup de potentiel. Il peut aider à réduire les visites répétées des aînés à l’hôpital et, ainsi, permettre au système de santé de faire des économies. 

« Nous devons absolument avoir des plans de ce genre si nous voulons que le système de santé canadien puisse répondre aux besoins de la population vieillissante », a exprimé le Dr Chris Simpson, le président de l’Association médicale canadienne. « J’espère que de nombreuses villes, partout au pays, vont emboîter le pas à Hamilton. »

Le plan entièrement repensé de Hamilton célèbre la longévité et la qualité de vie auxquelles tous les aînés canadiens devraient aspirer, loin des hôpitaux, loin des établissements de soins de longue durée. En modifiant les services, il respecte le désir des aînés de vieillir en restant actifs dans leur communauté, de profiter de la vie dans des espaces sécuritaires et de s’épanouir chez eux.  

Ce plan repose sur la conviction que la responsabilité de changer la communauté n’incombe pas seulement à la ville de Hamilton. Il faudra un effort complexe, mais conjoint, un travail d’équipe ascendant et descendant de la part de tous les ordres de gouvernement pour répondre de façon adéquate à la vague démographique qui va frapper les ressources municipales et nationales. 

Actuellement et dans un proche avenir, chaque fois qu’un bus est abaissé, qu’un banc est installé, qu’un trottoir est déneigé à Hamilton, ce sont des petits pas de géant qui sont faits par une ville consciente de la réalité de la démographie changeante. Il ne s’agit pas seulement d’une ville plus intelligente en action, mais d’une ville plus compatissante à l’œuvre.